Les huiles voitures (partie 3/5)

Les différents additifs de l’huile moteur

Afin de satisfaire aux nombreuses exigences qu’imposent les moteurs modernes, les huiles ne sont pas utilisées pures mais reçoivent le coup de main d’additifs. Une huile moteur est donc le mélange d’une base, minérale ou synthétique (70 à 95%) et d’additifs chimiques. Ceux-ci améliorent les performances globales de l’huile et chaque élément du package a un rôle précis à jouer. La justesse du dosage, ainsi que la qualité des éléments ajoutés ont une importance particulière.

viscosite-huile-moteurLes additifs de viscosité

Lorsque la température de l’huile augmente, sa viscosité diminue, rapidement et de manière logarithmique. Des polymères épaississants sont donc ajoutés afin de freiner ce phénomène. Ils sont d’ailleurs les éléments clef des huiles multigrades. Ces additifs, sensibles à la chaleur, se trouvent sous la forme de longues chaînes de molécules lourdes qui augmentent la viscosité
relative à fortes températures. Problème, les longues chaînes de molécules ont la fâcheuse tendance à se briser lorsque les conditions se corsent (très hautes températures et fortes pressions). Une fois en miettes, elles ne font plus correctement leur travail et cela peut engendrer une usure prématurée de certains éléments du moteur. Aussi, et nous l’avons dit plus haut, les huiles synthétiques, du fait de leurs propriétés naturelles supérieures, embarquent une plus faible quantité de ces polymères
(voire pas du tout !). Elles sont beaucoup plus stables thermiquement et plus endurantes. Les huiles qui ont une large plage de viscosité (par exemple 5W50) contiennent en général une quantité importante de ces additifs. Bien qu’elles semblent être la solution à beaucoup de problèmes (pour ceux qui aiment bien arsouiller l’hiver…), elles se révèlent souvent faibles et supportent très mal les petites surchauffes.
Rappelons également qu’une huile 10W40 sera créée à partir d’une base 10W à laquelle on aura ajouté la quantité nécessaire d’additifs pour qu’elle ait les propriétés d’une 40 à chaud. Pour une 10W50 utilisant la même base, la quantité de polymères épaississants sera encore plus importante… (voir : http://www.oreca-store.com/moteur/lubrifiants-et-additifs/huiles/motul.html)
En complément des additifs « de base » permettant d’améliorer la viscosité, on retrouve également d’autres ingrédients qui participent eux aussi aux performances du fluide.

Détergents et dispersants

La contamination de l’huile par des boues, du charbon (particules d’huile brûlée) et/ou des microparticules métalliques détermine souvent la limite d’utilisation de cette dernière. Les détergents et dispersants permettent de dissoudre certains éléments et d’isoler les plus coriaces pour qu’ils ne forment pas d’agglomérats. Ces agglomérats peuvent notamment venir boucher les circuits de lubrification des turbocompresseurs. La sentence ne se fait jamais très longtemps attendre dans ce cas… Il faut savoir que si une huile est contaminée de manière importante, cela impliquera qu’une grande partie de l’additif aura été consommée. Malheureusement, toutes les huiles n’embarquent pas la même quantité de détergent. Il est donc difficile de dire à l’œil nu si une huile est « passée » ou non. Nous y reviendrons dans la deuxième partie de notre sujet sur 20 les huiles moteur.

huile-de-moteurAgents anti-mousse

Bien qu’ils soient nécessaires pour le nettoyage du moteur, les détergents et les dispersants peuvent avoir un effet négatif sur le pouvoir lubrifiant de votre huile. En effet, ces éléments sont parfois des acteurs dans la formation de mousse. Le brassage de l’huile engendre la formation de microbulles qui s’avèrent extrêmement néfastes sur les performances du fluide. Les agents antimousse limitent la formation de ces bulles.

Antioxydants et inhibiteurs de corrosion

Les inhibiteurs d’oxydation (ou antioxydants) sont des additifs qui réduisent la tendance (naturelle ou forcée) qu’une huile a de s’oxyder. Mais au delà d’un simple rôle d’auto-conservation, ces inhibiteurs limitent bien évidemment l’oxydation
des éléments métalliques. Lors de la combustion du mélange carburé, une partie des gaz brûlés s’échappe par la segmentation vers le bas du moteur. C’est ce que l’on appelle le blow-by. En présence de ces déchets, des acides se formeront également dans l’huile. La corrosion par acide des pièces métalliques (coussinets, etc.) est quant à elle laissée au bon soin des inhibiteurs de corrosion. Certains types de ces inhibiteurs sont spécialement destinés à protéger les métaux non ferreux, en leur offrant une sorte de « couverture isolante ». D’autres détruiront tout simplement ces vilains acides.

Agents anti-usure

Même avec la meilleure des huiles, il reste toujours un risque, certes faible, de contact métal/métal. Cependant, certaines d’entre elles s’agripperont mieux au métal que d’autres. Les synthétiques à base d’esters ont un don naturel pour cela d’ailleurs. Pour les autres, des agents anti-usure sont ajoutés. Lors des démarrages à froid ou lorsque le moteur n’a pas tourné pendant une longue période, ces agents assurent la présence d’un film d’huile qui lubrifiera correctement dès les premiers instants. Le zinc entre souvent dans la composition de ces additifs anti-usure. Néanmoins, les catalyseurs le digèrent très mal. Sur des moteurs un peu anciens, les joints ou les pièces en plastique peuvent être attaqués par certains de ces additifs. On veillera donc toujours à bien choisir son huile, en prenant garde aux fluides dernier cri, ultra-agressifs, pour des papis qui n’ont jamais été démontés.
Il existe également des additifs que l’utilisateur peut lui-même ajouter s’il le souhaite lors des vidanges. Ces composants  d’appoint se vantent de réduire les frottements, de limiter l’usure, d’espacer les vidanges, etc. Nous sommes convaincus qu’une huile de qualité, adaptée au moteur et à son utilisation, n’a pas besoin de ces placebos. Gardez bien à l’esprit que le mélange d’une base de qualité et d’un package additif de qualité donne à coup sûr une huile de qualité (nous passerons sur la version où l’un des deux est médiocre). Une huile ultra-performante est avant tout un subtil mélange de produits savamment triés… Un équilibre parfait.

N’oubliez pas non plus que les pétroliers sont loin d’avoir les comptes bancaires dans le rouge et qu’ils ont les moyens techniques et financiers pour développer des huiles de très haute qualité qui sauront vous satisfaire.

Dans la prochaine partie de notre sujet sur les huiles, nous détaillerons certaines autres caractéristiques importantes et nous vous proposerons des pistes pour bien choisir celle qui vous correspond.

Cet article est publié en collaboration et en partenariat avec l’excellent magazine
www.autoworks-mag.net
Découvrez leurs offres d’abonnements d’Autoworks
Rejoignez Autoworks sur Facebook

autoworks

Retrouvez tous notre dossier sur l’huile de moteur automobile:

Mathias Jannequin

Auteur Mathias Jannequin

Passionné par le web, la photographie, et les voitures vintages ! Fondateur du blog Le-Pilote-Automobile.com, je partage la rédaction des articles avec plusieurs auteurs passionnés et/ou pratiquants du sport automobile amateurs et professionnels.

    Commentaires

    • Un bon additif permet d’allonger considérablement les intervalles des vidanges.

    Laisser un commentaire